PVMadilyn Moi en retard ? Non jamais Et la gorge se tĂąche de couleur ocre. Une fusion entre les dĂ©mons et les esprits blancs. Comme si la vie se moquait du r Uncadavre retrouvĂ© dans un canal. Il ne fait pas bon vivre Ă  Marignane ces temps-ci. En moins de huit jours, un ArmĂ©nien a donnĂ© la mort Ă  un Kurde au terme d'une rixe dans une Ă©picerie Sujet Au moins j'aurais laissĂ© un beau cadavre de et par Vincent Macaigne Ven 4 Nov 2011 - 16:14: PiĂšce de théùtre Ă©crite et montĂ©e par Vincent Macaigne qui s'est inspirĂ© de Lemembre 'Nyx Spero' a effectuĂ© l'action suivante : Lancer de dĂ©s 'DĂ© 4 faces' : Ausol, quelques bĂȘtes malades agonisent, et des ossements laissent penser que des cadavres d'animaux ont pu se dĂ©composer sur place. "L'Ă©levage est de toute Ă©vidence hors de contrĂŽle des services vĂ©tĂ©rinaires du FinistĂšre", estime l'association anti-maltraitance animale dans un communiquĂ© . Aumoins j'aurai laissĂ© un beau cadavre. 227 likes. "Au moins j'aurai laissĂ© un beau cadavre"Adaptation du conte original d'Hamlet par Vincent MACAIGNE Lecorps, d'aprĂšs MailOnline, se trouvait dans la chambre depuis au moins un mois et ses parents qui vivaient pourtant dans la maison, n’avaient aucune idĂ©e que leur fils Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ©. Cest le fonds qui manque le moins. Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans tĂ©moins. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'hĂ©ritage Que nous ont laissĂ© nos parents. Un trĂ©sor est cachĂ© dedans. Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver, vous en viendrez Ă  bout. Abonnezvous Pinocchio Le petit chaperon rouge La nuit juste avant les forĂȘts Platonov mais 16 ans Red Waters Brume de Dieu Au moins j'aurai laissĂ© un beau cadavre This is how you will disappear La place royale/Guantanamo Jan Karski (mon nom est une fiction) Théùtre. Abonnez-vous. Centre Dramatique National OrlĂ©ans/Loiret/Centre . PrĂ©sentation de VincentMacaigne se veut vivant, aujourd'hui, Ă  tout prix. Vivant pour lutter contre la gratuitĂ© des actes qui surfent sur les modes d'un jour et sur le consensus mou qui nous englue dans 5F11OK. VINCENT MACAIGNE Au moins j’aurai laissĂ© un beau cadavre Ouaoh ! Autant le dire tout de suite, ce Macaigne a les cojones bien arrimĂ©es ! Et sa troupe, bande furieuse de comĂ©diens sous speed, n’a rien Ă  lui envier
 Le CloĂźtre des Carmes accueille jusqu’au 19 juillet cette version Ă©tourdissante du Hamlet, un théùtre absolument brutal, inouĂŻ, et brut de dĂ©coffrage, tel que devait sans doute le pratiquer le grand William avec ses acteurs du Londres Ă©lisabethain. Et ça dĂ©mĂ©nage ! Au plateau, totalement bordĂ©lique, envahi d’une quantitĂ© de trucs improbables distributeurs de boissons au lointain, fosse pleine d’eau boueuse au proche, publicitĂ© lumineuse de fĂȘte foraine sur laquelle on lit ici il n’y aura pas de miracles »  un bateleur de foire, digne des camelots du XVIe, expert de la harangue et de la retape sans complexe, ouvre ce Beau cadavre par son adresse ultra-cocainĂ©e Ă  un public qui s’installe Ă  peine. Et c’est parti pour trois heures de théùtre fulgurant, truculent, hĂ©naurme, une performance hallucinĂ©e, Ă  bout de souffle, dont personne ne sortira indemne, pas plus le public que les comĂ©diens survitaminĂ©s et infiniment shakespeariens. Une bande de dingues purs qui produisent un show radical, un théùtre de trĂ©teaux quelque part entre les Monthy Python et Rabelais
 Un truc monstrueux, en vĂ©ritĂ©. Superbes comĂ©diens, au demeurant, parfaitement raccords avec le dĂ©lire mĂ©galomaniaque du metteur qui ne leur Ă©pargne rien. Merveilleuse bande de fous qui pourraient trĂšs bien avoir fourbi leurs premiĂšres armes Ă  la Royal Shakespeare Company, tant leur puissance de jeu et leur gouaille est impressionnante. Ce Macaigne-lĂ  est un vrai chantier, un bazar in progress mais savamment rĂ©glĂ©, oĂč paradoxalement rien ne doit vraiment ĂȘtre laissĂ© au hasard. De la scĂ©nographie dĂ©lirante mais on ne dĂ©voilera rien aux performances dĂ©clamatoires et physiques des comĂ©diens, de l’amoncellement de trouvailles scĂ©niques et d’accessoires, Ă  l’impeccable direction d’acteurs, tout dans la mise en scĂšne de Macaigne est d’une maĂźtrise absolue. Puisant Ă  l’origine du premier Hamlet, ce conte danois qui avait inspirĂ© le grand Will, cette orgie barbare de sang et de théùtre, de cadavres et d’excĂšs en tous genres, ce Shakespeare sauce Macaigne est un monstre de théùtre de foire, d’une consanguinitĂ© absolue, et d’une fĂ©rocitĂ© rĂ©jouissante. Une farce en direct de l’Enfer, oĂč une bande de fous sanguinaires s’entretuent pour le plaisir, baisent comme des bĂȘtes et boivent comme des soudards. Au milieu de ces malades survoltĂ©s, un Hamlet hystĂ©rique et mĂ©galo, un animal violent dĂ©finitivement hors-normes qui se joue dans le sang et le stupre de la folie des hommes. Théùtre-gigogne, comme toutes les grandes oeuvres de Shakespeare, ce Hamlet-lĂ  est aussi une fabuleuse allĂ©gorie du théùtre, une rĂ©flexion poussĂ©e Ă  l’extrĂȘme sur la quĂȘte de reprĂ©sentation de l’innommable, de l’immontrable. Du monstre. Une tragĂ©die par bĂȘtise », comme le dit si bien Vincent Macaigne, que cette fable parfaitement immorale et terriblement juste, qui nous ramĂšne Ă  la chair, Ă  la brutalitĂ© fĂ©roce de la chair, et Ă  la violence originelle de l’homme. Magistral. Marc Roudier Au moins j’aurai laissĂ© un beau cadavre / Vincent Macaigne / CloĂźtre des Carmes / s’est jouĂ© du 19 au 29 juillet Ă  h. Prochaines dates du 2 au 9 novembre 2011 Théùtre National de Chaillot / du 16 au 25 novembre 2011 MC2 – Grenoble / du 5 au 6 janvier 2012 La Filature – Mulhouse / du 11 au 12 janvier 2012 L’Hippodrome – Douai Photo Christophe Raynaud De Lage ï»żPubliĂ© le mardi 18 octobre 2011 Ă  16h25 Avec Samuel Achache, Laure Calamy, Jean-Charles Clichet, Julie Lesgages, Emmanuel Matte, Rodolphe Poulain, Pascal Reneric et Sylvain Sounier Un Hamlet en colĂšre comme on ne l’a jamais vu. Pertinent et audacieux, le metteur en scĂšne Vincent Macaigne prĂ©sente une version trĂšs libre et contemporaine de la piĂšce de Shakespeare. Ça sent bizarre
 Il y a quelque chose de pourri. On Ă©touffe, ça manque d’air. Hamlet ou la dĂ©nonciation d’un monde confinĂ©, repliĂ© sur soi. Hamlet selon Vincent Macaigne joue le rĂŽle d’un rĂ©vĂ©lateur. Ce qu’il voit uneEurope calfeutrĂ©e, apeurĂ©e . Hamlet va secouer tout ça. Il a soif d’absolu. Est en quĂȘte de vĂ©ritĂ©. AprĂšs un Idiot ! prĂ©sentĂ© en mars 2009 au Théùtre National de Chaillot – librement adaptĂ© du roman de DostoĂŻevski – Ă  la beautĂ© convulsive, drĂŽle, saturĂ©e et surtout passablement Ă©nervĂ©, Vincent Macaigne embraye sur Hamlet, un idiot » lui aussi Ă  sa façon. Du prince Mychkine au prince du Danemark, il n’y a qu’un pas ou presque. Car Hamlet met les pieds dans le plat, fait exploser les codes, ouvre l’espace du plateau, le viole, est violĂ© par lui. Vincent Macaigne aborde la piĂšce en remontant Ă  la lĂ©gende danoise dont s’inspira Shakespeare. Il imagine Hamlet enfant, amoureux d’OphĂ©lie. Un Hamlet qui prendrait sa source dans le conte. Au moins j’aurai laissĂ© un beau cadavre Mais aussi un Hamlet du XXe siĂšcle . La brume s’est dissipĂ©e. C’est en pleine lumiĂšre qu’apparaĂźt le fantĂŽme du pĂšre. Hamlet affronte la rĂ©alitĂ© avec les armes du théùtre. Un théùtre qui agirait comme rĂ©vĂ©lateur ; dont l’objectif est de dĂ©voiler le monde tel qu’il est, dĂ©pouillĂ© de ses illusions ; le théùtre de Vincent Macaigne. Hugues Le Tanneur PrĂ©sentation Le conte originel danois dont Shakespeare s’est inspirĂ© pour Ă©crire Hamlet nous servira de point de dĂ©part, telle une “Bible”. Il s’agit de crĂ©er l’espace dans lequel exploseront la violence et l’art d’Hamlet, personnage en quĂȘte d’absolu et de vĂ©ritĂ©, et de prolonger le cri dĂ©sespĂ©rĂ© de Shakespeare lui-mĂȘme implorant par la chair d’Hamlet la vĂ©ritĂ©. Nos recherches tendront vers cette question qu’est-ce que ne pas avoir sa place quand on est en colĂšre ? Hamlet est un appel Ă  la colĂšre. Un appel d’air en germe dĂšs l’enfance. Hamlet se retourne contre sa propre gĂ©nĂ©ration qui s’est soumise Ă  l’acceptation. Il l’appelle Ă  la colĂšre. Il travaille comme nous Ă  emmener la gĂ©nĂ©ration prochaine. C’est la seule chose Ă  faire, pour Hamlet, pour nous. Un sacrifice pour la suite. Au moins j’aurai laissĂ© un beau cadavre Au moins j’aurai laissĂ© un beau cadavre sera bien sĂ»r l’histoire d’un poĂšte d’un homme de théùtre. Dans un monde oĂč la chair et la violence sont recluses, qu’est-ce que l’absolu? Dans un théùtre fermĂ©, qu’est-ce qu’un geste pulvĂ©risateur ? Nos interrogations seront parallĂšles, un monde s’asphyxie et que fait l’art existe-t-il encore, et comment ? Nous ne voulons pas coller au texte de Shakespeare mais en rĂ©vĂ©ler les puissances contradictoires quand le royaume Ă©touffe, il n’y a pas d’autre choix pour la jeunesse que de s’exalter, pas d’autre choix pour Hamlet que de venir trouer ce qui l’entoure. Cette quĂȘte de l’absolu, c’est une nĂ©cessitĂ© inscrite dans la chair de chacun de nous depuis le dĂ©but de notre travail. Nous la poursuivrons dans un rapport naĂŻf et violent au conte, en refusant absolument l’abstraction et le cynisme. Tout sera expĂ©rimentĂ© sur le plateau en improvisations, de façon brute, avec la libertĂ© d’y ajouter mes propres textes, ceux des comĂ©diens, des extraits de journaux, les textes de SĂ©nĂšque, ceux de Nietzsche, ou d’autres encore. Nous partirons d’une rage, de son germe on voit Hamlet et Laerte enfants. Hamlet et OphĂ©lie sont dĂ©jĂ  amoureux. DĂ©jĂ  les enfants jettent des pierres, lancent des mots racistes, c’est une sociĂ©tĂ© ludique et cruelle, violente qui Ă©merge. La civilisation semble reprendre le dessus mais elle Ă©volue dos Ă  une jeunesse qui exulte. Le Danemark se capitonne, se protĂšge de plus en plus, et s’embourgeoise. Nous allons jouer face Ă  ce repli. Au moins j’aurai laissĂ© un beau cadavre Nous voulons un espace concret pour Ă©vacuer toute tentation de placer Hamlet dans les nimbes et la brume . Nous serons dans le rĂ©el et dans sa vĂ©ritĂ© grotesque. La scĂ©nographie sera concrĂšte, elle sera dĂ©terminĂ©e par la profusion des corps. C’est un fantĂŽme dĂ©gagĂ© de tout brouillard et de toute aura qui parlera Ă  Hamlet. Il sera en chair et en odeur, le pĂšre rĂ©incarnĂ©. Nous Ă©cartons la question de la folie, pour tout recadrer sur la violence du geste. Shakespeare inscrit le théùtre au coeur du plateau. Hamlet prend le théùtre comme un engin de la rĂ©alitĂ© et de vĂ©ritĂ©. Nous voulons faire de cette matiĂšre un objet théùtral brut , un geste en quĂȘte de vĂ©ritĂ©, un pamphlet sur l’art et la culture . Ce qui nous intĂ©resse prĂ©server l’humour et le burlesque de cette tragĂ©die qui n’est tragĂ©die que par bĂȘtise. Faire un théùtre sale et sans politesse, qui ne soit pas l’instrument d’une pensĂ©e ou d’un discours, mais qui se dĂ©pouille au contraire de toute intelligence pour rĂ©vĂ©ler la naĂŻvetĂ©, l’absurditĂ© et la poĂ©sie de ses situations. Vincent Macaigne, septembre 2010 Au moins j’aurai laissĂ© un beau cadavre Le théùtre de Vincent Macaigne AnimĂ© par la farouche volontĂ© de faire entendre la voix du théùtre dans un monde en crise, le comĂ©dien Vincent Macaigne est devenu metteur en scĂšne pour s’exprimer sur un plateau transformĂ© en champ de bataille des corps et des idĂ©es. Affrontant goulĂ»ment la mort Ă  travers diffĂ©rentes versions d’un Requiem sans cesse retravaillĂ©, la combattant par une dĂ©bauche d’artifices revendiquĂ©s et magnifiĂ©s, il assĂšne avec force sa confiance en un art théùtral capable de maintenir l’homme dĂ©bout. Jouant d’une certaine forme de naĂŻvetĂ© dans sa rencontre avec les mythes fondateurs, il sait construire sa dĂ©construction, refusant toute gratuitĂ©, mais dĂ©fendant l’urgence de l’acte artistique. C’est cette urgence qui a Ă©galement fait de lui un auteur, mĂȘlant sa voix Ă  celle des grands dramaturges qu’il admire Shakespeare ou DostoĂŻevski. Réécrivant L’Idiot, il charge le hĂ©ros de ses propres angoisses et de ses propres espoirs qu’il parvient Ă  faire incarner par des comĂ©diens auxquels il demande un engagement physique total. Une implication de chaque instant qui les oblige Ă  ne pas faire semblant, Ă  prendre tous les risques pour faire surgir la vĂ©ritĂ© qui se cache derriĂšre les rituels d’un théùtre bousculĂ©. Aller jusqu’au bout de l’action, ne rien nĂ©gliger pour rĂ©chauffer les rĂȘves et mĂȘme les accĂ©lĂ©rer, opposer Ă  la violence du monde la violence d’un art oĂč la parole est directement adressĂ©e, qu’elle soit cri de colĂšre, de dĂ©sespoir ou d’amour pour une humanitĂ© malmenĂ©e, voilĂ  tout ce qui se retrouve au coeur du travail de Vincent Macaigne, joyeux dĂ©sespĂ©rĂ© qui ne s’avoue jamais vaincu. Jean-François Perrier, pour l’édition 2011 du Festival d’Avignon Vous trouvez cet article intĂ©ressant ? Faites-le savoir et partagez-le. EtĂ© Le metteur en scĂšne adapte "Hamlet" dans l'hĂ©moglobine et la boue, au CloĂźtre des carmes. C'est le spectacle que l'on attendait au Festival d'Avignon celui qui vient tout casser, au risque d'excĂ©der une partie des spectateurs, et d'enthousiasmer les autres. Sous un titre formidable, Au moins j'aurai laissĂ© un beau cadavre, il revisite Hamlet, de William Shakespeare, et se donne au CloĂźtre des carmes, oĂč le public des premiers rangs est protĂ©gĂ© par une bĂąche en plastique des jets d'hĂ©moglobine, de boue et de projectiles en tous genres qui ponctuent les quatre heures d'une reprĂ©sentation trash, foutraque et passionnante, signĂ©e Vincent Macaigne, un nouveau venu Ă  Avignon. A 32 ans, Vincent Macaigne est un des benjamins du Festival. A la ville, c'est un garçon calme, en apparence. Il a grandi Ă  Paris, entre un pĂšre français, commercial dans une entreprise, et une mĂšre iranienne, issue d'une famille trĂšs politisĂ©e. Depuis sa sortie du conservatoire, en 2002, il a signĂ© plusieurs spectacles, dont trois versions d'un Requiem de son cru, inspirĂ©, et une adaptation de L'Idiot, de DostoĂŻevski. Il a toujours Ă©crit, et fait du théùtre comme bon lui semble sans se soucier des autres ni chercher Ă  ĂȘtre en rĂ©action. Ce n'est pas un provocateur-nĂ© qui s'attaque Ă  Hamlet. Mais c'est un homme jeune en colĂšre, pour des raisons qu'il garde secrĂštes et d'autres qu'il exprime. Toutes traversent Au moins j'aurai laissĂ© un beau cadavre, qui s'est construit comme les prĂ©cĂ©dents spectacles de Macaigne en travaillant sur le plateau avec sa bande d'acteurs amis. Ce travail ne s'arrĂȘte pas quand les reprĂ©sentations commencent. Chaque jour, le spectacle bouge. Chaque soir, Vincent Macaigne est au sommet des gradins, et il interpelle en direct ses acteurs, qui se ne gĂȘnent pas pour lui rĂ©pondre des choses comme "Tout le monde sait que c'est de la merde, ton texte Ă  la con." Le public ne s'en rend pas compte. Des phrases de ce genre se ramassent Ă  la pelle dans Au moins j'aurai laissĂ© un beau cadavre, qui commence dans une ambiance assez survoltĂ©e, avec un appel au public Ă  venir sur le plateau, jonchĂ© de terre et de couronnes mortuaires qui entourent une tombe remplie d'eau. Comme dans le bon vieux théùtre d'intervention des annĂ©es 1960, le public entre dans le jeu, chante, danse et crie. Puis on lui dit de regagner les gradins. D'une certaine maniĂšre, c'est presque frustrant qu'est-ce que ça donnerait, Hamlet avec lui ? Ce que le public ne sait pas, c'est que ce dĂ©but est nĂ© d'un dĂ©fi. Le soir de la premiĂšre, samedi 9 juillet, Vincent Macaigne avait pariĂ© 50 euros avec un acteur qui lui avait dit "Je les ferai monter sur scĂšne. - Essaye, on verra bien !" On a vu. Et le public n'a pas mal pris du tout qu'on lui dise de regagner les gradins. Puis le spectacle a commencĂ© avec cette annonce "Vous allez voir l'histoire d'Hamlet, mon meilleur ami, mort il y a Ă  peine deux mois." Hamlet, chez Vincent Macaigne, c'est "un putain de dĂ©pressif", comme le lui dit Claudius, son oncle, qui vient d'Ă©pouser sa mĂšre, Gertrude. Il n'a de cesse de se jeter dans l'eau de la tombe de son pĂšre, dont le fantĂŽme revient sous la forme d'un furet empaillĂ©. "Faut pas que tu t'empĂȘches de vivre", le supplie OphĂ©lie. Tous les deux se revoient enfants. Des enfants qui s'aimaient dans un Danemark pourri, oĂč leur apprenait Ă  dĂ©verser la haine de soi contre l'autre, l'ennemi norvĂ©gien, qui "pique tout". Il y a des drapeaux français, danois et europĂ©en au fond du plateau, Ă  cĂŽtĂ© de distributeurs de boissons dont Claudius fait grand usage. Le personnage-clĂ© de ce Hamlet, c'est lui. Vincent Macaigne aime l'idĂ©e qu'il a peut-ĂȘtre eu de bonnes raisons de tuer son frĂšre, le pĂšre d'Hamlet. "Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait", dit Claudius, qui court comme un dĂ©ratĂ© Ă  la recherche de sa "coupable innocence". Tout est lĂ  Au moins j'aurai laissĂ© un beau cadavre ne cesse de parcourir le champ d'une idĂ©e comment se tarit l'innocence, que ce soit celle de Claudius, d'Hamlet ou d'OphĂ©lie. Eh bien, elle se tarit dans le sang et les larmes, qui prennent dans le spectacle la forme exacerbĂ©e de la provocation. Au fond, Vincent Macaigne ne réécrit pas Hamlet. Il dialogue avec la piĂšce, lui fait sortir ce qu'elle a dans les tripes, de son point de vue, aujourd'hui. C'est souvent trĂšs drĂŽle, surtout dans la premiĂšre partie, qui fait Ă©clater de rire le public. Dans la seconde, une mĂ©lancolie profonde prend le dessus, sur le mode "Il ne faut pas en vouloir Ă  quelqu'un qui est nĂ©, et qui a ratĂ©." Ecrite en nĂ©ons placĂ©s tout au sommet du dĂ©cor, une phrase le dit autrement "Il n'y aura pas de miracles, ici", en pointant une flĂšche sur le plateau. Mais de la vie, oui, il y en a. Et beaucoup mĂȘme, jusqu'Ă  l'outrance. Ça castagne dans tous les sens, Ă  grands jets de fumigĂšnes, d'insultes, de gags Ă  la noix de coco. Bref, c'est un "grand bordel", pas toujours maĂźtrisĂ©, parfois longuet, et trouĂ© de moments incandescents, comme la scĂšne oĂč des comĂ©diens jouent devant la cour une comĂ©die racontant l'histoire du meurtre du pĂšre d'Hamlet. Mais Ă  la fin, un grand silence se fait le public, sonnĂ©, part dans la nuit d'Avignon, en se disant qu'au moins, lĂ , il a vĂ©cu quelque chose. Au moins j'aurai laissĂ© un beau cadavre, d'aprĂšs Hamlet, de Shakespeare. Ecrit et mis en scĂšne par Vincent Macaigne. Avec Samuel Achache, Laure Calamy, Jean-Charles Clichet, Julie Lesgages, Emmanuel Matte, Rodolphe Poulain, Pascal RĂ©nĂ©ric, Sylvain Sounier. CloĂźtre des carmes, jusqu'au 19 juillet, Ă  21 h 30. DurĂ©e 3 h 45. TĂ©l. 04-90-14-14- 14. De 13 € Ă  27 €. Brigitte Salino Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil Ă  la fois Ce message s’affichera sur l’autre appareil. DĂ©couvrir les offres multicomptes Parce qu’une autre personne ou vous est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil Ă  la fois ordinateur, tĂ©lĂ©phone ou tablette. Comment ne plus voir ce message ? 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